"Je ne serais pas arrivée là si ..." 30 femmes racontent, d'Annick Cojean
Métaphysique des tubes, d'Amélie Nothomb
Aux côtés de la singulière petite fille de trois ans je me suis perdue dans les beautés du Japon, j’ai arpenté le jardin, observé la pluie, le ciel depuis le fond de l’eau. Dans la terre meuble de la petite enfance où tout semble permanent, naissent de l’expérience de nouveaux sentiments, de nouvelles idées.
Émouvant et puissant.
Aux éditions Albin Michel et Livre de Poche
Rose, de Tatiana de Rosnay
La forme épistolaire apporte au récit une dynamique renforcée par la tension que le lecteur sent monter au fur et à mesure de l'approche d'une échéance inéluctable. Au fil de ses souvenirs Rose replonge dans le passé, dévoilant de nouveaux pans de sa vie. L'écriture adopte un style bien accordé à cette fin du XIXème siècle, pour peindre avec des sons, des odeurs et des couleurs la vie quotidienne des parisiens, adultes, enfants, commerçants, nobles ou bien modestes.
Ce roman est peuplé de beaux personnages de femmes autour de la narratrice : son amie fleuriste, l'élégante baronne, maman Odette, ... Très documenté, il offre une passionnante promenade dans un Paris perdu, oublié, et propose, face aux rénovations nécessaires pour une ville plus saine et plus moderne, une tranche de vie des habitants, ceux qui ont été expropriés, obligés de changer de lieu de vie, d'abandonner à la démolition leur histoire et leur passé.
Rose est de ces livres que l’on regrette de terminer, dont on tourne avec tristesse la dernière page pour le laisser résonner en soi avant d’en choisir un autre.
Rose, de Tatiana de Rosnay
Dans une très jolie édition chez Héloïse d'Ormesson
Et au Livre de Poche avec cette belle illustration : Boulevard dans Paris 1885 (Akseli Valdemar Gallen-Kallela)
Le sabotage amoureux, d'Amélie Nothomb
L’imaginaire de l’enfant est retranscrit avec jubilation par l’écrivain adulte. Amélie Nothomb conte à merveille, de sa voix de petite fille, l’enfance où l’on ne vit que dans le présent, l’enfant centre de son propre monde, où un ange peut se révéler un démon, un monde avec ses lois ses principes sa cruauté, son sens des valeurs et du courage, dont les adultes sont exclus. Retour dans un monde oublié.
D'une écriture percutante composée de phrases courtes, d'un vocabulaire précis et lettré, de mots magnifiques (subséquente, amphigourique) ou étranges (épanodiplose), la toute jeune auteure - dont c’est le deuxième livre après Hygiène de l’assassin, manie les adjectifs comme un feu d’artifice, les phrases à la mitraillette comme la petite Amélie - cinq à sept ans dans le récit, les idées loufoques.
J’adore la pointe de folie, les mots à chercher dans le dictionnaire, l’humour corrosif et les remarques de génie. Le lecteur passe un moment formidable et ressort de la lecture plus intelligent.
Le sabotage amoureux, d'Amélie Nothomb
Aux éditions Albin Michel et Livre de Poche
Quand tu écouteras cette chanson, de Lola Lafon
Un récit poignant où se rejoignent l'histoire d'Anne Frank, celle de la famille et le passé de l'autrice.
Un texte à la fois personnel et universel, très puissant, très beau. Une lecture essentielle.
Grand prix des lectrices Elle 2023, prix Décembre, prix les Inrockuptibles
Collection Ma nuit au musée, éditions Stock.
Premier sang, d'Amélie Nothomb
Le petit Patrick nait en 1936 en Belgique, il grandit dans l'ombre évanescente d'une mère belle et mondaine qu'un veuvage prématuré a éloignée des sentiments maternels. L'enfant vit chez les parents de sa mère, auprès d'un grand-père général soucieux de son éducation et d'une grand-mère douce et affectueuse.
Le consentement, de Vanessa Springora
Avec la simplicité désarmante du malheur insidieux qui, avec douceur, vous prend par la main, elle raconte ce qu’elle voit alors comme une grande histoire d’amour.
Rien n’est choquant dans l’écriture, pas de pathos, rien de cru, de vulgaire, « rien d’autre » que l’emprise morale et sexuelle d’un adulte déséquilibré sur une enfant sans expérience, non protégée. Les dérives de l'époque, où la libération sexuelle et celle de la femme ont fragilisé les plus jeunes, l'absence de cadre familial, la complaisance du milieu littéraire des années 80 sont incompréhensibles.
La violence revient comme une claque après la rupture, quand la toute jeune fille vide de sa propre existence s’observe comme une étrangère, met des décennies à avancer alors que l’on voit l’écrivain passer à de nouvelles aventures adolescentes, continuer sur V. son œuvre d’emprise, être publié, lu et jusque récemment, admiré. Heureusement, le temps fait son œuvre et il a commencé à entrer dans l’oubli avant d’être rattrapé par le courage et la force du récit de Vanessa Springora.
Ce livre est à mettre entre toutes les mains, celles des jeunes filles, de leurs parents, des adultes, de tous les lecteurs.
Le consentement, de Vanessa Springora
Comme par magie, d'Elizabeth Gilbert
Elizabeth Gilbert a le don de dire avec conviction des choses bizarres, telle la théorie des idées qui flottent à la recherche d’un partenaire humain, et de si bien les expliquer que l’on doit admettre qu'elles font sens. Tournant en dérision les manifestations du manque de confiance créative, elle les banalise, c'est très efficace. De plus, il y a dans ce livre une telle simplicité, un tel pragmatisme, une énergie communicative et cet humour inné, que ses idées nous touchent. En tous cas, elles m’ont touchée.
Alors : à travers les chapitres Courage, Enchantement, Permission, Persistance, Confiance et Divinité, prenez votre créativité par la main, ou bien l’inverse, il ne vous reste plus qu’à vous lancer.
La tresse, de Laetitia Colombani
La tresse, de Lætitia Colombani,
édité par Le Livre de Poche
+ Voyez également
++ Je vous conseille également Les Victorieuses, du même auteur, un roman lui aussi habité par la force des femmes :
L'élixir d'amour, d'Eric-Emmanuel Schmitt
L’irrégulière, d'Edmonde Charles-Roux
Sur-documenté, l'Irrégulière fait revivre une époque et des événements finement analysés, ressurgir des hommes des femmes des lieux des métiers, des villes entières afin d’accompagner la lente transformation de Gabrielle Chanel en Coco, de la campagne à Paris, à travers ses proches et les rencontres qui, loin de la détruire, l’aident à se construire.
Un texte très dense, documenté de références littéraires, artistiques et culturelles qualifiées, recherché et remarquablement bien écrit, développé d’un style riche, dense et nerveux.
Une exigence pour essayer de comprendre cette femme complexe, une énigme qui aimait tant composer, inventer sa vie, brouiller les pistes pour ne pas se révéler.
On la découvre plus humaine, par son ambition qui se cherche, ses doutes, ses essais sans issue, ses avis assumés, son mode de vie avant-gardiste, ses fêlures, ses contradictions.
Une femme pour laquelle seule comptait sa liberté.
Aux éditions Livre de Poche
Les quatre filles du Docteur March, de Louisa May Alcott

Les quatre filles du Dr March, de Louisa May Alcott
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Tite Fée éditions ou Livre de Poche (3 livres)
En version originale : Little Women
Une colonne de feu, de Ken Follet
De 1558 à 1620, la superbe fresque de Ken Follet accompagne les méandres historiques qui secouent l’Europe. En France et en Angleterre, les personnages réels et fictifs œuvrent en faveur du catholicisme ou du protestantisme, leurs convictions et luttes de pouvoir s’y mêlant au rythme des changements monarchiques et des différentes alliances.Les deux personnages centraux, l’anglais Ned Willard et le français Pierre Aumande, deux facettes du bien et du mal, en explorent au long de leur vie au cœur du pouvoir les nombreuses nuances.
Une Colonne de feu : 982 pages très documentées et ultra prenantes dans lesquelles sont abordés des thèmes universels comme le questionnement sur le bien-fondé des affrontements idéologiques religieux, les conséquences de l’ambition et de l’exercice du pouvoir, la place de la femme dans la société, le prix à payer pour la paix, le maintient de l’ordre et la liberté.
La rencontre de l’histoire et la philosophie, portées par une écriture précise et dynamique, finement romancée.
Vernon Subutex, trilogie de Virginie Despentes
Ainsi on se jette avec rage et espoir sur le tome 2 où l’histoire se précise s’épaissit s’élargit et se recentre, sans cesse s’enrichissant de nouvelles rencontres. Chaque personnage est très habité dans sa globalité, sans jugement, accompagné de ses valeurs et son vécu. En même temps que l’histoire, il avance.
Page 74/400 je fonce voir où en est le tome 3.
Comme les deux premiers, le dernier livre est de qualité anthropologique, historique, comme une photographie de l'époque avec son passé en miroir.
Le héros autant que l'écrivain observent sans juger, détaillent ces hommes et femmes un peu paumés un peu barrés, dans un esprit bienveillant, une ambiance apaisée. Malgré le rock, la dope, la rue, la misère affective ou financière, quelque chose tend Vernon et son cercle de connaissances vers une ré-union, un espoir, quelque chose de plus beau, de plus haut. Convergence.
Les éditeurs ont eu le bon goût de ne rien dire de l’histoire - inracontable au demeurant. Cette façon de laisser le lecteur se frayer un chemin entre jugement et compassion est si rare qu’elle impressionne. Finesse à travers la rudesse, Virginie Despentes passe au scanner notre société, sa réalité ; c’est d’une violence calme, inouïe tant c’est juste autant qu'attachant. Profondément humain, moins sulfureux qu’il n’y parait.
Très fin et très riche. Ultra moderne. Une claque littéraire.
Vernon Subutex, de Virginie Despentes,
Gabriële, d'Anne et Claire Berest
#womanpower
Vous n'aurez pas ma haine, d'Antoine Leiris
Paris, 13 novembre - 25 novembre 2015Du soir où sa femme est partie assister à un concert au Bataclan,
Une vie, de Simone Veil
#womanpower
Chroniques 1954-2003 de Françoise Sagan
Pour la première fois, 97 chroniques écrites par Françoise Sagan entre 1954 et 2003 sont réunies dans un ouvrage. Durant sa vie d'écrivain, elle a collaboré à de nombreux magazines et journaux à la pointe de leur époque : Elle -chroniques de voyage, L'Express -actualité et cinéma, puis Femme, Playboy, L'Huma, Vogue, Globe, Le Nouveau Fémina, Egoïste, ...Stupeur et Tremblements, d'Amélie Nothomb
Tyrannie et subordination au pays du soleil levant. Amélie, jeune stagiaire belge dans une grande entreprise japonaise, mesure l’abîme culturel entre l’orient et l’occident.Humiliation et incompréhension mutuelle : Stupeur et Tremblements expose d’impossibles relations professionnelles et humaines.
À travers son expérience mêlée de fiction, l’auteur nous offre un récit riche en humour féroce, en érudition, d’un style ciselé.
La conclusion de ce livre me donne à penser que le jugement par autrui n’est que pure subjectivité, les talents de chacun n’étant connus que d’eux-mêmes.
Grand prix du Roman de l'Académie Française 1999Les heures souterraines, de Delphine de Vigan
Des heures souterraines où le lecteur est accroché par le rythme de l'histoire, à la suite de personnages dans lesquels il pourrait de se reconnaître. Leur passé dévoilé par à-coups développe l'histoire à un rythme saccadé et prenant.Les heures souterraines, de Delphine de Vigan
En livre de poche
Version brochée chez JC Lattès



















