La lecture m’accompagne et me nourrit au quotidien depuis l’enfance. Partager les ouvrages qui m’ont touchée intéressée amusée scotchée ou bouleversée est un plaisir supplémentaire. Et un tremplin vers le partage intime et ultime : l’écriture, qui m’anime et me passionne tout autant.
Affichage des articles dont le libellé est Prix de la Vocation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Prix de la Vocation. Afficher tous les articles

Alors c’est bien, de Clémentine Mélois

Clémentine Mélois déroule dans ce livre les derniers jours de son père. Comment il a envisagé sa mort, souhaité la cérémonie, comment ses filles et sa femme ont fait émailler sa croix d’une couleur par lui-même choisie. Elle égrène ses souvenirs, entrecoupés de dialogues dont la simplicité donne le ton de l’intimité, de citations du journal de son père donnant le ton de la profondeur. Un chemin au bout de la vie, ponctué de réflexions personnelles touchantes et justes. 

Bernard Mélois, sculpteur, Prix de la Vocation 1963, a vécu toute sa vie avec ses idéaux, une certaine idée du grand, du beau, de ce qui suffit pour vivre, pour être heureux, de ce qui est nécessaire, important. Un artiste à la fois bohème et exigeant, un père imaginatif et présent.


Il y a dans ce récit, dans ces derniers jours et dans cette vie beaucoup d’amour, d’humour, une fantaisie assumée qui me plait tant, le travail créatif et l’inspiration mêlés à la vie quotidienne. Ce livre aborde également les thèmes intemporels et universels du souvenir, du partage, de la famille et de la transmission.

Un texte sur le deuil et la vie à la fois. 


Alors c'est bien, de Clémentine Mélois

Aux éditions L'arbalète / Gallimard

Prix Méduse 2024


Quatrième lecture pour le Prix Libraires en Seine 2025

La colère et l’envie, d'Alice Renard

Isor, bébé, enfant, ne parle pas ne s’arrête jamais, va de colère en colère et personne ne la comprend. Crie-t-elle cette frustration, son impuissance ? Chaque professionnel consulté énonce une théorie, propose un traitement, certains renoncent. Ses parents choisissent de la soustraire aux diagnostics. La colère et l’envie met en lumière cette enfant à part, difficile à appréhender difficile tout court, le parcours du combattant de ses parents épuisés, perdus. À travers le quotidien surréaliste de cette famille, Alice Renard pose des mots sur le clivage de la différence. Le fond et la forme se rejoignent : La colère et l’envie est un livre exigeant, puissant, unique. 
Au deuxième chapitre Isor, treize ans, et son voisin solitaire, retraité, se rencontrent au sens propre, et tous les après-midis, revivent à deux. Entre la jeune fille forteresse et l’homme âgé habité de tristesse, une relation profonde se noue à l’exclusion des parents entre soulagement de la voir occupée et incompréhension. 
Trois ans plus tard, lorsque Lucien a un accident, Isor disparaît et en quelque sorte, tout commence. Dans la fuite d’Isor on devine une réparation, dans cette réparation une renaissance pour lui, pour elle, pour ses parents. 

Le récit dépasse le sujet (très bien traité) de la neurodifférence, pour parler de remords, de chagrin, d’isolement, d’amour familial. Alice Renard a écrit (à 21 ans) un livre que personne d’autre ne serait capable d’écrire. Sa sensibilité que l’on imagine exacerbée, son histoire sans doute, son vécu, son imagination ont écrit de concert dans une langue aussi brute que fine, une observation juste de la vie et des sentiments, accompagnée d’une grande érudition. Elle livre un texte sans évitement où la colère côtoie l’envie, et la violence des différences, la beauté. 
« Je suis un être envolé et utile », dit Isor à ses parents. Quoi de plus utile qu’un tel livre ?


La colère et l’envie, d’Alice Renard

Aux éditions Héloïse d’Ormesson

Finaliste du prix Libraires en Seine, auquel j'ai le plaisir de participer.


Alice Renard a reçu le Prix littéraire de la Vocation 2023 de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet, sous le parrainage de Benjamin Millepied. J'ai eu la chance d'assister à la remise des prix et vous invite à lire sur le site de la fondation ce qu’elle dit de son écrit.