La lecture m’accompagne et me nourrit au quotidien depuis l’enfance. Partager les ouvrages qui m’ont touchée intéressée amusée scotchée ou bouleversée est un plaisir supplémentaire. Et un tremplin vers le partage intime et ultime : l’écriture, qui m’anime et me passionne tout autant.
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Métaphysique des tubes, d'Amélie Nothomb

Ce livre aux accents autobiographiques est un texte complet, à part entière, que l'on l'imagine précéder le Sabotage amoureux. La première partie est parée d'une étrangeté métaphysique jusqu'au moment où l'enfant inanimée nait une seconde fois, à deux ans et demi. Elle découvre la vie auprès de sa mère, son père consul de Belgique au Japon, son frère sa sœur, et sa nounou japonaise. Ses yeux s'ouvrent sur son monde et son esprit à tout ce qui l'entoure. Son pays d'accueil lui plait tant qu'elle ne peut envisager de le quitter, alors qu'elle expérimente la vie, la mort, la gentillesse et la méchanceté, l'amour et l'indifférence.

Aux côtés de la singulière petite fille de trois ans je me suis perdue dans les beautés du Japon, j’ai arpenté le jardin, observé la pluie, le ciel depuis le fond de l’eau. Dans la terre meuble de la petite enfance où tout semble permanent, naissent de l’expérience de nouveaux sentiments, de nouvelles idées.

Émouvant et puissant.

Métaphysique des tubes, d'Amélie Nothomb
Aux éditions Albin Michel et Livre de Poche

Le sabotage amoureux, d'Amélie Nothomb

En Chine dans le ghetto de San Li Tun, de 1972 à 1975 une guerre internationale sans pitié a eu lieu. Elle est méconnue en raison de l’âge des belligérants : entre 7 et 13 ans. Amélie Nothomb, fille de consul, raconte dans ce livre sa vie à Pékin en famille, et surtout, entre enfants. S'il s'agit d'un roman, le contexte d'officiels occidentaux parqués en ghettos dans un pays communiste à l'administration opaque est à peine croyable, et à ce titre, méritait d'être écrit. La vie quotidienne des enfants livrés à eux-mêmes vient en complément, retracée avec précision, humour, franchise, sincérité et une pointe de brutalité.

L’imaginaire de l’enfant est retranscrit avec jubilation par l’écrivain adulte. Amélie Nothomb conte à merveille, de sa voix de petite fille, l’enfance où l’on ne vit que dans le présent, l’enfant centre de son propre monde, où un ange peut se révéler un démon, un monde avec ses lois ses principes sa cruauté, son sens des valeurs et du courage, dont les adultes sont exclus. Retour dans un monde oublié. 


D'une écriture percutante composée de phrases courtes, d'un vocabulaire précis et lettré, de mots magnifiques (subséquente, amphigourique) ou étranges (épanodiplose), la toute jeune auteure - dont c’est le deuxième livre après Hygiène de l’assassin, manie les adjectifs comme un feu d’artifice, les phrases à la mitraillette comme la petite Amélie - cinq à sept ans dans le récit, les idées loufoques. 

J’adore la pointe de folie, les mots à chercher dans le dictionnaire, l’humour corrosif et les remarques de génie. Le lecteur passe un moment formidable et ressort de la lecture plus intelligent.


Le sabotage amoureux, d'Amélie Nothomb

Aux éditions Albin Michel et Livre de Poche

Premier sang, d'Amélie Nothomb

Dans Premier sang, l'écrivaine conte l'histoire de son père, de la naissance de ce dernier, à un évènement dramatique, l'année de ses vingt-huit ans.

Le petit Patrick nait en 1936 en Belgique, il grandit dans l'ombre évanescente d'une mère belle et mondaine qu'un veuvage prématuré a éloignée des sentiments maternels. L'enfant vit chez les parents de sa mère, auprès d'un grand-père général soucieux de son éducation et d'une grand-mère douce et affectueuse.

Avant son entrée en primaire il est envoyé, pour s' "endurcir", dans la famille paternelle qu'il n'a jamais rencontrée. Il découvre alors un grand-père noble et ruiné, poète, sa seconde épouse, une fratrie de dix enfants sous-alimentés et déchainés. Contre toute attente il a un coup de coeur pour le château sublime malgré son manque du plus élémentaire confort, la force de la nature dans cette forêt des Ardennes, et se sent heureux d'appartenir à un groupe d'enfants, même s'ils lui en font voir de toutes les couleurs.
Au fil des années, il se construit ainsi, entre ses études à Paris, les étés et les Noëls chez les Nothomb.

J'adore l'écriture d'Amélie Nothomb, le rythme enlevé qu'elle donne à ses romans - fictions ou plus personnels, la précision de son écriture qui marie amour de la langue, humour, simplicité et érudition. On sent la joie et la jubilation de placer le bon mot un beau mot un mot formidable, celui qui donnera le ton la précision la sensation exacte. Ce livre se dévore, il est drôle, émouvant, beau et sensible, parle de l'évolution d'une personne dans son milieu, de l'influence des êtres qui nous entourent. Mais aussi des liens familiaux, de la différence, du respect, de la fidélité, ... je vous laisse découvrir le reste, je pars me plonger dans "Le livre des sœurs". 

Premier sang, d'Amélie Nothomb

Stupeur et Tremblements, d'Amélie Nothomb

Tyrannie et subordination au pays du soleil levant. Amélie, jeune stagiaire belge dans une grande entreprise japonaise, mesure l’abîme culturel entre l’orient et l’occident.
Humiliation et incompréhension mutuelle : Stupeur et Tremblements expose d’impossibles relations professionnelles et humaines.

À travers son expérience mêlée de fiction, l’auteur nous offre un récit riche en humour féroce, en érudition, d’un style ciselé.
La conclusion de ce livre me donne à penser que le jugement par autrui n’est que pure subjectivité, les talents de chacun n’étant connus que d’eux-mêmes.

Stupeur et Tremblements d'Amélie Nothomb
Grand prix du Roman de l'Académie Française 1999
Est publié en Livre de Poche, en version brochée par Albin Michel.

En a été tiré en 2002 un film d'Alain Corneau avec Sylvie Testud.