La lecture m’accompagne et me nourrit au quotidien depuis l’enfance. Partager les ouvrages qui m’ont touchée intéressée amusée scotchée ou bouleversée est un plaisir supplémentaire. Et un tremplin vers le partage intime et ultime : l’écriture, qui m’anime et me passionne tout autant.
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Brat: an '80s story, par Andrew McCarthy

En pleine passion pour le thème du chemin en général (mes idées de lecture sur ce post) et celui de Compostelle en particulier (P. Coelho + J.C. Ruffin + Maud Ankaoua), je vois passer des articles sur "Walking with Sam", le livre à paraitre d’Andrew McCarthy. 500 miles sur le chemin des pèlerins, à travers un pays étranger, seul avec son fils de 19 ans. Je découvre le parcours de voyageur, de journaliste et d'auteur de l’acteur / réalisateur américain, une deuxième partie de carrière moins connue (et pas traduite) en France que ses films iconiques des années 80. Le livre commandé à ma libraire, en attente de parution, il me semble intéressant de commencer par son livre autobiographique sur les années 80 paru en 2021, « Brat: an ’80s story ».

Le terme « brat pack » a été créé à la défaveur d’un article de David Blum - le journaliste l'a par la suite regretté - dans l'édition du New York magazine le 10 juin 1985, vilipendant de jeunes acteurs soit-disant trop gâtés et obsédés par la célébrité. Brat, qui pourrait être traduit par morveux en français, possède un ton moins violent pour les non-anglophones, et, ainsi qu’Andrew McCarthy l’écrit, bénéficie avec le recul du temps d’une teinte régressive, d’une aura positive, englobée dans les couleurs et le brillant d’une génération d’adolescents américains au cœur de la magie et de l’énergie des années 80.

Nouvelles new-yorkaises - New York Stories, de F. S. Fitzgerald, H. Miller, J. Charyn, édition bilingue

Ces trois magnifiques nouvelles de très grands écrivains, personnifient, chacune dans son style et son époque, la ville de New-York. 

Francis Scott Fitzgerald, à travers le personnage de Rags Martin-Jones, ridiculise et humanise à la fois, avec jubilation dans un style somptueux, la haute société new-yorkaise (et mondiale) des années 1920/1930, les désirs et la vie quotidienne dans l'Upper East Side, où l'argent, la jeunesse et la beauté sont au sommet de leur pouvoir.

Autre lieu, autre ambiance, le "14e district" d'Henry Miller égraine une beauté sombre, épaisse, prenante dans une langue magnifique, peignant la vie des habitants de ce quartier de Brooklyn dans lesquels ils naissent, vivent et meurent sans conscience du reste du monde. Dans le contexte ouvrier et industriel de l'époque, le lecteur suit les errances des personnages dans toute leur bizarrerie et sans jugement, jusqu'au chaos.

Enfin, dans "Sing, Shaindele, Sing", Jerome Charyn suit les espoirs et les désillusions d'une enfant au seuil de l'âge adulte, avec tout ce que cela implique pour elle comme changements, cherchant au moyen de son don pour le chant de se faire une place tout en restant fidèle à ses valeurs.

  • Rags Martin-Jones and the Prince of Wales, de Francis Scott Fitzgerald
  • The Fourteenth Ward, d'Henry Miller
  • Sing, Shaindele, Sing, de Jerome Charyn
Nouvelles new-yorkaises / New York Stories

Je recommande ces formidables éditions bilingues, en particulier pour des récits comme ceux-ci, au vocabulaire pointu, elles permettent de les lire dans le texte, page de gauche en anglais, page de droite traduits en français.

L'attrape-cœurs, de J.D. Salinger

Ce livre culte est aussi difficile à résumer qu'à cerner de prime abord. Il raconte de manière frontale l’échappée new-yorkaise d’un collégien à nouveau viré de son établissement. Trois jours pendant lesquels il disparaît du radar familial et scolaire. Il erre dans la ville, se façonne une vie imaginaire, joue avec son identité, tente de faire vivre des liens sociaux et expérimente au fil des rencontres. 

Ce récit est un ovni littéraire, en particulier lors de sa parution dans les années post-seconde guerre mondiale. Tout est écrit comme l’adolescent le pense, avec les mots d’argot, les formes de phrases et les idées issues de sa pensée immédiate, brutes et justes. À ce titre, c’est très bien traduit. Il en émane un blues, une difficulté d'exister et de se projeter dans un avenir incertain.

La finesse du héros qui se laisse vivre et observe, son incapacité scolaire rachetée par son attrait pour les bons livres, la musique et la poésie, son amour pour ses frère et sœur cadets, ses questions étranges sur les canards en hiver dans Central Park renforcent l’esprit unique du roman de JD Salinger dont on imagine les influences autobiographiques. 

C’est parfois drôle, parfois émouvant, d’autres fois triste. Un vrai scan de la société américaine de l’époque, dans les pas d’Holden Caulfield. 


L'attrape-cœurs, de J.D. Salinger

Aux éditions Robert Laffont et Pocket

+ Une intéressante version bilingue, chez Robert Laffont / Pavillons Poche

21 Rue La Boétie, d'Anne Sinclair

21 Rue La Boétie se tenait, avant guerre, la galerie d'art de Paul Rosenberg.
Dans ce livre prolongé d'une exposition exceptionnelle au musée Maillol, Anne Sinclair part à la recherche de son aïeul : sa vie, ses liens avec les artistes, ses combats. 

Le livre explore l'album de famille et suit Paul Rosenberg de Paris à New York. À travers les archives familiales, celles des musées et des artistes, la journaliste retrace le parcours unique d'un homme dont l'instinct a su faire découvrir et valoriser le modernisme, d'immenses artistes, et fidéliser une clientèle férue d'art.

La guerre bouleverse avec violence le destin de Paul Rosenberg, le contraint à l'exil, et disperse sa collection dont 400 chefs-d'œuvre sont volés par les allemands tandis que le 21 Rue la Boétie devient avec une ironie glaçante l'Institut d'Études des Questions Juives, organisme de propagande sous contrôle de la Gestapo.

Le livre et l'exposition deviennent l'occasion d'expliquer les manipulations et les sombres dessins du nazisme vis à vis de l'art, le chemin des biens volés dont plusieurs centaines attendent encore aujourd'hui en vain d'être restitués à des propriétaires dont les familles ont été décimées.
Déchu de sa nationalité par les occupants, "PR" reconstruit sa vie et ouvre sous ce nom une galerie à New York. Dès la fin de la guerre, il entame les recherches et procédures qui lui permettront de retrouver certaines œuvres et les archives volées.
La galerie 21 Rue La Boétie ne rouvrira jamais. 


21 Rue La Boétie, d'Anne Sinclair
Aux éditions Livre de Poche

Le catalogue de l'exposition
de Willy Demeyer et Anne Sinclair
Collection Culturespaces aux éditions Hazan

Le magazine Hors-série
Connaissance des Arts
Consacré à l'exposition


84, Charing Cross Road et la Duchesse de Bloomsburry Street, d'Helene Hanff

Attention, livre culte !
84 Charing Cross road est un roman épistolaire voyageant de New York à Londres et retour avec les commandes littéraires d'Helene Hanff puis les réponses de la librairie anglaise Marks & co.
Ce livre* est une petite perle de la littérature, ainsi qu'une petite perle de la vie car l'auteur publie ici son propre courrier.
Dès les premières pages, le lecteur est touché par l'humour, l'humilité et le sacré caractère de l'américaine, face à la finesse et la politesse so british de son correspondant. Dépassant la relation commerciale et les échanges littéraires, une véritable amitié se noue, de l'après-guerre aux années 70.

Dans l'édition Littérature Autrement, j'ai apprécié la finesse de la traduction et la postface de Thomas Simonnet. S'y trouve cette réflexion si juste d'un journaliste de Newsweek : "84, Charing Cross Road fait partie de ces livres cultes que l'on se prête entre amis, transformant ses lecteurs en autant de membres d'une société secrète."
J'adore ce livre, sa drôlerie, sa profondeur et ses valeurs. Merci Danielle pour ce cadeau relu à maintes reprises et offert à mon tour de la même façon.

84, Charing Cross Road, d'Helene Hanff,
aux éditions Littérature Autrement.

* Devenu une pièce de théâtre puis un film.

La Duchesse de Bloomsburry street
En 1971, Helene Hanff réalise enfin son rêve : découvrir Londres.
Malgré la disparition de Franck Doel et la fermeture de la librairie Marks & co, elle fait de nombreuses rencontres et raconte son séjour dans ce livre. On y retrouve son humour, son franc-parler, sa soif de connaissances et ses avis catégoriques très personnels.
Son séjour est peuplé de personnages truculents et décrit par ses réflexions hilarantes.

La Duchesse de Bloomsburry Street,
aux éditions Petite Biblio Payot Irresistibles.

New York et moi, de Soledad Bravi

Un joli livre, rempli de dessins rigolos et d'infos véridiques sur Big Apple.
Il contient surtout les bonnes adresses de l'auteur, dont les deux filles vivent à New York. Une ville qu'elle visite donc très régulièrement et qu'elle connait presque comme sa poche !

New York et moi, de Soledad Bravi
aux éditions Marabout.

Gatsby le Magnifique, de F. Scott Fitzgerald

Aucune adaptation cinématographique, si belle soit-elle, ne devrait faire oublier ce livre superbement écrit.
Une histoire à la fois unique et banale servie par une écriture très dense. Un récit rempli d'étrangeté et entouré d'une sorte de torpeur, magnétique comme le personnage de Jay Gatsby.

Gatsby le Magnifique, de F. Scott Fitzgerald,
est édité en poche chez Folio ou Livre de Poche.

Les aventures de Mirette, de Fanny Joly et Laurent Audouin

Gros coup de cœur des enfants (et des parents!) pour les aventures de Mirette, enquêtrice de 8 ans super maligne, accompagnée de son chassistant. Avec elle on traque les méchants à Paris, Londres, New-York, Barcelone ou Venise.

 
Des livres écrits par Fanny Joly (trop craquante aussi la série "la fée baguette") et illustrés par Laurent Audouin, aux éditions Sarbacane. Dès 6 ans.



PS : Cet été, Mirette et Jean-Pat ont fait la Rumba à Rome ...

Windows on the World, de Frédéric Beigbeder

Dans Windows on the World, Beigbeder emprunte un nom et une vie pour écrire ce roman réaliste. Il n'hésite pas à appuyer là où ça fait mal pour faire comprendre à ses lecteurs que le drame du 11 septembre 2001 est encore pire que ce qu'ils imaginent.
Pire que le sort des morts lors de l'impact des avions dans les tours, il y a celui de ceux qui y ont survécu ... pour mourir quelques heures plus tard, en toute conscience dans des conditions atroces. Afin de bien enfoncer le clou, il choisi de mettre en scène un père divorcé et ses deux enfants en visite tout en haut des Twins Tower du World Trade Center et leur mère dans un état indescriptible, au téléphone. Pour mieux les comprendre, l'auteur se met dans une situation potentiellement similaire avec sa propre fille et alterne les deux récits.

Même s'il est un roman, ce livre est un choc que les habitants de notre monde moderne devraient lire, tout comme il faut se rendre au mémorial à New-York : pour ne pas oublier, par tous les moyens.

Windows on the World, de Frédéric Beigbeder
Prix Interallié 2003,
est édité par Grasset, en poche par Folio.

L'expédition polaire à bicyclette, de Robert Benchley

Amateurs d'humour qui s'ignore, cette courte histoire est pour vous.
L'aventure follement drôle d'une équipe complètement loufoque partant à vélo pour le Pôle Nord, depuis les bureaux de Life, à New-York.

Un récit d'après le feuilleton paru dans Life en 1926/1927 qui reste extrêmement d'actualité.

Rocambolesque, tendre et piquant, 45 pages de pur plaisir.

L'expédition polaire à bicyclette, de Robert Benchley
Suivi de La vie sportive aux États-Unis.
En poche aux éditions Points.
Broché, aux éditions Le Dilletante

Just Kids, de Patty Smith


Première impression à l’ouverture de « Just Kids » de Patti Smith (édité chez Denoël) : l’écriture est belle, agréable et néanmoins franche et moderne.
Outre la rencontre entre Patti et Robert Mapplethorpe, et ce qui s’en suivit, on assiste à la métamorphose de la (très) jeune femme en une artiste multiple, écrivain, poétesse, critique rock, plasticienne, et performeuse. Une personnalité unique qui ne craint pas d’être un peu à part et se fiche de l’image qu’elle véhicule.

Avec comme toile de fond le New-York des années 60 à 80, leurs existences seront liées indéfectiblement, soutenues par l’espoir et la conscience artistique. Ajoutez à cela le passage de fantômes iconiques (Warhol, Janis Joplin, Hendrix …) ou oubliés, et vous aurez un livre inclassable, tout comme son auteur.

Comme souvent dans les bios d’artistes, le début semble dispersé et un peu long, alors que la fin est limpide et agréable à lire. Peut-être est-ce cela, la vie d’artiste, elle commence par partir dans tous les sens avant de trouver sa voie. La vie de tout un chacun puissance 1000. Ou l’usage absolu de la liberté d’être ?

Just Kids, de Patti Smith
Aux éditions Denoël, et en poche chez Folio

Si vous aimez le travail de Robert Mapplethorpe sur les fleurs, découvrez le parcours Il se révèle lui aussi être d'un artiste et d'une personnalité complexes. Outre le hasard de la rencontre avec Patti Smith, c’est peut-être ce qui les a réunis.
N’oubliez pas de cliquer sur leurs noms pour visiter leurs très beaux sites internet, chacun dans son style. Une superbe version d' "Until the end of the world" de U2 vous attend sur celui de Patti ...

 
Janvier 2012 : la photographe Judy Linn, proche de Patti, publie à postériori "Patti Smith 1969-1976", un très beau recueil de photos noir et blanc. A la fois intimes et travaillées, elles sont comme des instantanés de la vie de l'artiste. Hautement collector. Aux éditions de la Martinière.

La traversée de l'été, de Truman Capote

Une histoire fulgurante, dans le New-York étouffant des mois d'été.
Le récit de quelques semaines qui suffiront à changer à jamais la vie des personnages.

Intemporel et magnifiquement écrit.

La traversée de l'été, de Truman Capote
En texte intégral, est édité en Livre de Poche.