La lecture m’accompagne et me nourrit au quotidien depuis l’enfance. Partager les ouvrages qui m’ont touchée intéressée amusée scotchée ou bouleversée est un plaisir supplémentaire. Et un tremplin vers le partage intime et ultime : l’écriture, qui m’anime et me passionne tout autant.

Le Roitelet, de Jean-François Beauchemin

Le narrateur vit au cœur de la nature avec son épouse, entouré d’amis, proche de son frère plus jeune de quelques années. S’ils ne sont pas prénommés dans ce roman, on devine l’essentiel : leurs sentiments, leurs ressentis et surtout la force du lien qui les unit face à l’ombre au dessus du cadet. 

Les mécanismes de l’esprit du frère affleurent dans ses paroles livrées au compte goutte, tour à tour passionnantes déroutantes tendres poétiques opaques ou prophétiques, elles ajoutent à la beauté de ce livre. Le narrateur juge ses propres remarques « disparates ». Au contraire, elles dessinent page après page les contours d’une pensée différente, unique.


Le rythme léger de 63 chapitres d’une page ou deux permet l‘enchaînement de petites tranches de vies affranchies de chronologie. Ces moments, ces échanges, ces jours et ces heures partagées par l’homme avec son frère esquissent la personnalité de chacun, leur état d’esprit et au delà de la maladie mentale, leur intelligence, leur bienveillance, leur attachement. Dans la campagne, en compagnie des fantômes de chers disparus, de voisins, d’un chien d’un chat, quoi de plus important que le lien, la famille ?

Il y a beaucoup de réflexion, de pensées profondes - certaines nées de l’imagination, dans ce roman magnifique. Comme dans le personnage du frère neurodifférent, il y a aussi, j’ai envie de dire surtout, beaucoup de poésie, de beauté et beaucoup d’amour. 


Le Roitelet de Jean-François Beauchemin

Aux éditions Québec Amérique en version brochée

Chez Folio en livre de poche

Finaliste du prix Libraires en Seine, auquel j'ai le plaisir de participer.